Article de Sud Ouest du 11 septembre 2014

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Imprimeur de l’an 2014

Olivier Guillou a ouvert la première boutique bordelaise consacrée à l’impression 3D. Il vend du matériel mais initie aussi le public à ce nouvel univers.

Imprimeur de l’an 2014
Olivier Guillou, 46 ans, estime que l’impression 3D va complètement changer notre manière de consommer. © Photo

PHOTO CLAUDE PETIT

 

LAURIE BOSDECHER

l.bosdecher@sudouest.fr

Entrer dans le magasin d’Olivier Guillou donne une drôle d’impression. Sur des palettes de chantier en bois, des machines hypersophistiquées sont en action, alimentées par des bobines de filaments à base d’amidon de maïs colorés. L’une des imprimantes 3D est en train de fabriquer un vase bleu. Une autre prépare de petites lettres.

L’ex-Parisien, Bordelais depuis cinq ans, est le premier à ouvrir une boutique entièrement consacrée à l’impression en trois dimensions à Bordeaux. « Ideokub est plutôt un concept store », avance-t-il.

Dans l’ancienne mairie de quartier, au 29, rue Camille-Godard, au cœur du quartier des Chartrons, le quadragénaire a imaginé un lieu assez atypique. Passons derrière les machines. Sur la table basse d’un petit salon, trônent deux livres, « L’Impression 3D pour les nuls » et un autre intitulé « Fab Lab ». « On ne se rend pas encore bien compte de ce que va apporter cette technologie. Aujourd’hui, l’impression 3D fait surtout rêver. Le passage à l’acte est plus compliqué. Je veux démocratiser ce nouvel univers », explique Olivier Guillou.

Objets de petite taille

Le commerçant, qui a ouvert il y a quelques jours Ideokub, accueille deux types de public dans son espace. Les professionnels, comme des designers ou des artistes, souhaitant réaliser des prototypes de leurs projets y sont les bienvenus. Les particuliers peuvent également faire imprimer de petits objets. Deux solutions pour eux : venir avec des fichiers du produit qu’ils souhaitent imprimer ou avec des objets à scanner.

« Je suis là pour montrer comment ça marche, faire de la pédagogie et sensibiliser le grand public à l’intérêt de l’impression 3D », insiste le professionnel. Sur place, on peut acheter sa propre imprimante, tout le matériel nécessaire qui va avec et apprendre à se servir de ces machines. Les premiers prix sont à 700 euros, les plus élevés à 3 500 euros.

« On peut aussi faire appel à mes services pour les premiers secours : changer une buse quand elle est bouchée. Je donne des conseils techniques. Bref, j’épaule. » Ancien consultant dans le tourisme puis l’immobilier, Olivier Guillou, bidouilleur dans l’âme, a, à ses côtés dans la boutique, un ingénieur électronicien.

En contact avec plusieurs chefs d’entreprise locaux fabricant des imprimantes 3D ou des objets à partir de ces appareils, il espère « mettre en musique tout ce petit monde ». Et pourquoi pas, faire de son concept store un lieu ressource pour les passionnés, étudiants, particuliers, bricoleurs en tout genre. « Je pense qu’on peut travailler ensemble, estime-t-il. Il y a plein de choses à inventer. »

Goûters 3D pour les enfants

Olivier Guillou souhaite aussi lancer des goûters 3D pour apprendre aux enfants à se servir des stylos 3D, des crayons électriques équipés de buses et qu’on alimente avec des filaments en amidon de maïs. Avec un peu d’exercice et en s’aidant d’une maquette, pour ne pas déborder, on peut dessiner, comme le font les imprimantes, des cubes, des lunettes ou des lettres en trois dimensions avec ces outils.

« Je suis pour l’instant dans une petite niche. Mais ce marché a beaucoup de potentiel, assure-t-il. Quelque part, je fais la même chose que les boutiques qui font des photocopies en y ajoutant une autre dimension. » Le quadragénaire espère, si son concept fonctionne, ouvrir rapidement d’autres Ideokub partout en France.